Viens chez moi, l’air y est pur

Article publié sur le Blog de la semaine de la solidarité internationale de la métropole de Lille, tenu par les étudiants étrangers de la 86e promotion de l’ESJ Lille.

Vingt-cinq ans après l’explosion de Tchernobyl, 250 enfants sont accueillis chaque année dans le Nord-Pas-de-Calais. Une façon de ne pas les oublier.

Nous sommes en 1993. Fernand Billet est souffleur de verre près de Lille. Lydia Paulonko est une petite fille ukrainienne. A huit ans, elle est atteinte d’un cancer des glandes thyroïdiennes. Entre eux deux : Tchernobyl Nord-Pas-de-Calais. Une association qui trouve des familles d’accueil le temps d’un été aux enfants victimes du plus grave accident nucléaire de tous les temps survenu le 26 avril 1986.

Lydia Paulonko, jeune Ukrainienne de Tchernobyl, et ses parents d'acceuil, Fernand et Thérése Billet, à leur domicile à Houdain dans le Nord (Photo : DR)

Electrochoc

« J’avais vu les images de la catastrophe à la télé. J’avais eu un choc. Je devais agir », se rappelle Fernand Billet, aujourd’hui dans le comité de l’association, qui accueille 250 enfants chaque année dans le Nord. Quelques mois plus tard, Lydia sera chez lui à Hellemmes. Une petite fille « blanche comme un cachet d’aspirine ». Elle sera opérée gratuitement à Paris. En à peine un mois en France, son système immunitaire se régénèrera pour le reste de l’année. La petite fille a passé deux jours dans un bus avant d’arriver dans l’Hexagone. Elle a traversé des dizaines de villages, vidés de leurs habitants. A l’époque, plus de 250 000 personnes ont été déplacées et plus de 4 000 sont mortes après l’explosion du réacteur. Des dizaines d’enfants naissent malformés chaque année. Un rayon de trente kilomètres autour de la centrale est toujours interdit d’accès. Le salaire mensuel moyen ici est inférieur à 400 euros ; pas étonnant que la population plante encore des légumes dans des zones souillées.

« Lydia, mon plus grand plaisir »

Lydia Paulonko était un bébé en 1986. Vingt-six ans plus tard, elle travaille à Kiev pour Bouygues, la plus grande entreprise BTP de France, qui recouvre encore la centrale de béton, Elle est souvent revenue chez Fernand Billet. Quelques Ukrainiennes ont fait leur vie en France, mais beaucoup sont mortes. « Lydia est mon plus grand plaisir, mon bonheur. Et quand je vois les larmes de joie des enfants encore pris en charge par l’association, je suis récompensé », ajoute le septuagénaire. « Il faut lutter contre l’oubli. Les enfants de Tchernobyl sont aujourd’hui des adultes. C’est maintenant qu’ils sont malades », rajoute-t-il. Lors de la semaine de la solidarité internationale en novembre, le retraité se rendra à Malin, petite localité à 80 kilomètres de Tchernobyl pour rencontrer les enfants qui viendront en France l’an prochain. Une bouffée d’air, le temps d’un été.

Nicolas Burnens

L’association Tchernobyl Nord-Pas-De-Calais est à la recherche de familles d’accueil. Plus d’informations ici.

Le reportage de France3. Cliquez ici.

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