Descente en fonds de cale

par Nicolas Burnens (Suisse)/Texte et Photos pour le blog du Festival Interceltique de Lorient tenu par les étudiants étrangers de la 86e promotion de l’ESJ Lille.

Chaque nuit, ils sont une vingtaine de chalutiers à débarquer leur marchandise au port de Lorient. Ambiance.

Ce n’est ni l’odeur de poisson, ni celui du gasoil du moteur du bateau qui dérange le plus Martial Sellin, matelot. Non. Le plus dur pour lui, c’est la fatigue. « Je suis à mon onzième jour de mer, explique-t-il. Je me réjouis de revoir la terre ferme ». Il est 4h du matin au port de pêche de Lorient. Onze longues journées de travail pour autant de sorties en mer : en tout, 27 ans de métier. Martial Sellin est l’un des hommes qui embarquent chaque nuit sur la centaine de chalutiers que compte le port.

Un métier exigeant

« Normalement, nous sommes quatre, mais pour le moment, nous faisons le boulot pour trois », ajoute-t-il. Un marin s’est fait un lumbago il y a deux jours, en remontant un des deux chaluts. Martial Sellin a beau être rodé, il avertit : « il faut rester attentif, même avec les traits tirés ». Et si le chalutier porte le nom d’une île de pirate (Mindanao), lorsque la mer est agitée, les matelots ne sont pas toujours rassurés. « Plus les années passent, plus c’est dur », avoue l’homme originaire du Finistère. La conversation est entrecoupée par le bruit des moteurs qui tournent au ralenti. Avec deux cents chevaux sous le capot, les vibrations sont ressenties jusque dans la chambre à coucher. « Et ce n’est rien comparé au bruit en mer », rigole Martial.

La langoustine d’abord

En haut, sur le quai, on trie le poisson, avant qu’il ne disparaisse sous les mouvements du transpalette. Et en bas dans la cale, il y a son collègue, avec une large bavette jaune. Il entasse les caisses. Le thermomètre est proche du zéro. Il y a de la lotte, du merlu, du merlan. Mais c’est la langoustine que les filets des chalutiers visent en premier. Elle peut se vendre jusqu’à 17 euros le kilo. « Il y en a huit caisses », crie-t-il au marin resté sur le pont. Par la petite ouverture qui donne sur les cales, la marchandise est remontée à l’aide d’une grue, avant d’être déchargée sur le quai. Le patron du chalutier, Thierry Cleuzio, s’assure que la marchandise est bien acheminée dans l’antichambre de la criée. On l’appellera une fois sur le bateau pour lui annoncer le prix de vente final de sa marchandise. A peine deux heures passées sur le quai, il est déjà temps de repartir. « Demain, nous serons à la maison », se réjouit Martial. Une dernière sortie, avant trois jours de repos. Et douze nouveaux jours en mer.

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